Acteur et enfant de la déclaration de
novembre 54 et héritiers du Congrès de la Soummam dans son
socle fondamental mettant les actes politiques au-dessus des actes militaires,
il est de notre devoir impérieux dans cette phase « nouvelle
» que vit notre pays, l’Algérie, et où il en va de
son destin national, d’exprimer d’abord nos craintes de la perpétuation
d’erreurs historiques et ensuite nos espoirs d’un sursaut populaire pour
contrer et réparer définitivement ces erreurs historiques,
par l’opportunité offerte des élections présidentielles
anticipées.
Cette phase « nouvelle » doit
être simplement l’agonie du système prédateur bureaucrato-policier
qui s’est imposé par le sang et qui sévit par la violence
sur la société nationale depuis quarante et un an.
Qu’est devenu le mouvement national ?
Nous étions un mouvement national démocratique,
moderne et nous avons à diverses reprises régressés
dans un système bureaucratique et policier. Ce système a
abouti au bout de trente sept ans à la domination/soumission extérieure
sur le plan stratégique et économique (alignement sur le
leadership occidental que ce soit pour les problèmes politiques
et économiques du Maghreb ou du monde arabe.
La perte d’identité et la négation
de notre culture dans sa diversité et sa richesse, provoqué
par l’enfermement d’une idéologie de plus en plus fascisante, qui
se cache derrière un nationalisme étroit, l’instrumentalisation
de la religion, de la langue, la soumission de la femme, le refus de l’expression
politique, le refus des différences, de la décentralisation
du pouvoir.
On a menti sur notre passé dans le
mouvement national, depuis le début du siècle et pendant
la guerre de libération nationale. On a nié depuis l’indépendance
la responsabilité citoyenne et la capacité des algériens
et des algériennes à vivre dans un régime démocratique
et moderne.
Qu’est devenue l’Algérie aujourd’hui
?
Le système bureaucratique et policier
mis en place progressivement entre la fin 1958 et le 19 juin 65, a abouti
aujourd’hui au contrôle :
- du champ politique et des institutions législatives,
exécutives et judiciaires,
- des appareils de souveraineté de
l’état (armée, police, administration, culture)
- de l’économie nationale par des réseaux
occultes d’intérêts de plus en plus corrompus, qui confisquent
le pouvoir réel et l’exercent par la contrainte.
A partir du sursaut populaire d’octobre 88,
où le peuple a pris les moyens de s’exprimer, de s’organiser, et
de se révolter, les réseaux mafieux qui contrôlent
le pouvoir ont décidé fin 1991 de mettre le pays pendant
sept (07)ans en situation de guerre civile, et de gérer la société
par des lois d’exception.
La démission du Général
Zéroual a ouvert une situation nouvelle, dans laquelle les réseaux
mafieux du pouvoir sont entrés en conflit les uns avec les autres,
offrant l’opportunité à tous les citoyens et les citoyennes
en Algérie et à l’étranger de s’exprimer.
Dans deux moments forts d’expression des Décideurs,
l’un lors de la démission du Général Zéroual
et l’autre par un « éditorial dans la revue ElDjeich »,
les militaires veulent signifier leur volonté nouvelle de «
neutralité ou de réserve dans les décisions politiques
». Le moment d’étonnement passé et le scepticisme exprimés,
nous ne pouvons que prendre acte de ce nouveau comportement, de cette nouvelle
reconception des rapports entre l’institution militaire et les institutions
civiles.
C’est, il faut peut-être le noter, la
première fois que les Décideurs Militaires envisagent sagement
de retrouver le chemin de leurs missions constitutionnelles, qu’obligatoirement
en toute démocratie et au scrupule de la Loi Fondamentale les civils
par les voies réglementaires et parlementaires auraient fait et
feront si ce changement ne serait qu’un écran de fumée.
Malgré les déclarations d’intention
du Président et du Chef d’état-major, il faut continuer à
le réclamer.
Qu’est devenue notre immigration ?
Notre immigration a vécu dans la douleur,
le déchirement et l’affaiblissement continu, toute cette période
de régression totalitaire (juin 65-avril99).
Nous avons été démobilisé,
éparpillé, désorganisé, longtemps nié
et considéré comme des algériens de seconde zone,
parce que nous pouvions entraîner, comme nous l’avions déjà
fait auparavant dans une autre phase historique du mouvement national,
notre société à s’ouvrir aux exigences démocratiques,
de la modernité politique et économique –vecteurs de progrès.
Nous payons un prix élevé, de
cette dégradation. Nos enfants algériens et français
ont été coupé de leur culture, de leur valeur et sont
sur le point dans de nombreux cas de basculer dans la marginalité
et de vivre dans des ghettos.
Dans le contexte des possibilités de
changement actuel nous interpellons le pouvoir, les partis politiques et
les candidats à la présidentielle en Algérie,, à
prendre en considération nos revendications suivantes :
- la levée des lois d’exception et la
garantie d’élections libres par la neutralité de l’administration
bureaucratique,
- la neutralité effective de l’armée
nationale populaire, qui doit publiquement donner ses garanties qu’elle
n’interviendra d’aucune manière, auprès d’aucun des candidats,
et qu’elle déclare qu’elle ne se laissera pas entraîner à
intervenir au nom d’un prétendu danger de déstabilisation
des urnes comme en décembre 91 et qu’elle respectera l’évolution
du système politique souhaité par l’ensemble des algériens
et des algériennes.
En un
mot éviter au pays de manière définitive « la
permanence des élections à la NAEGELEN ».
C’est
à ces conditions que notre armée et notre police retrouveront
le respect que nous leur devons et
pourront
être sauvegardés des implications désastreuses dans
lesquelles elles sont engagées depuis
janvier
1992, pour des intérêts qui les dépassent au profit
seul des réseaux mafieux qui contrôlent les
rouages
de l’état.
- la prise en compte de la considération des algériens et des algériennes vivant à l’étranger comme des citoyens et des citoyennes à part entière pouvant assumer leur part de contrôle démocratique de la politique nationale, des institutions de l’état à tous les niveaux, à travers leurs délégations démocratiques de représentation que constituent leurs organisations et leurs associations diverses.
- l’organisation démocratique de la participation effective à l’élaboration des choix et des décisions en matière culturelle, sociale et économique.
Lors de son passage au gouvernement, et de
la gestion des réformes qu’il a initiées entre septembre89
et juin 91, le candidat Mouloud HAMROUCHE a clairement appelé à
une réapropriation de l’Histoire de la lutte de libération
nationale et du mouvement national dans son ensemble, sans discrimination,
à resserrer les liens avec notre passé dans sa dimension
éthique et politique pour mettre fin aux manipulations de mémoire,
de nos hommes politiques qui ont fait l’histoire, de martyrs et de leurs
enfants et à l’instrumentalisation de la religion et de la culture
à des fins partisanes.
Moudjahid et Fils de Chahid lui-même,
par la réforme puis l’application de la constitution de 1989, il
a mis en place des institutions politiques modernes, il a mis en place
les règles d’une économie de marché véritable
au service de la collectivité et de la solidarité,
il a mis en place les mécanismes de l’ouverture démocratique
effective (associations, presse, syndicat, etc.…), qui se débarrassent
progressivement de la bureaucratie, de la corruption, et du parasitisme
séculaire de l’état-bureaucratique algérien. Aide
les citoyens et les citoyennes, de toutes tendances et dans leur ensemble,
à reprendre l’initiative.
Il a été le seul à s ‘engager
pour le retour de l’immigration, dans l’égalité et la responsabilité,
sur la scène politique.
Par ailleurs, dans son programme il actualise
et précise ses objectifs depuis 1991 en fonction des évolutions
dramatiques que connaît le pays depuis. La volonté de réformer
pacifiquement le système politique continu.
Pour tout cela, et parce qu’il a donné
et donne encore les preuves de sa sincérité au seul profit
de son peuple et de son pays, et surtout qu’il fait ce qu’il dit.
Nous appelons l’ensemble des algériens
et des algériennes, pour qui authenticité et sincérité
ne sont pas de vaines valeurs, à soutenir la candidature de Mouloud
HAMROUCHE, car au moins avec cet Homme nous aurons la garantie que nous
pouvons sortir des faux débats qui ont entraîné la
guerre civile, et que nous vivrons dans un pays où régnera
la liberté et la dignité, pour tous sans exclusive.
Il faut se mobiliser contre le retour pervers du fascisme de l’« Etat Fortement Autoritaire et Totalitaire »,
tout en rappelant à nos aînés, qu’après avoir fait un travail admirable, qui mérite reconnaissance, il est grand temps de « passer la main aux jeunes et de libérer la femme », car au sens du devoir largement accompli, il ne faut plus le substituer à des comportements d’affamés – El Medjhoumines – affameurs du peuple,
tout en rappelant également à toute notre jeunesse, qu’il est grand temps qu’elle se mobilise et prenne son destin en main sans ne rien attendre de tout octroi d’où qu’il vienne, surtout pas celui de « l’état clientéliste », car il ne viendra que de la réaction mobilisatrice, exprimée et dynamique qui arrachera ce droit à la vie et à la liberté, tant réclamé depuis le 5 Juillet 1962.
Nous en témoignons et nous le croyons !
Pour que toutes ces farouches volontés
se cristallisent, nous appelons les algériennes et les algériens
sincères de l’amour qu’il porte à leur pays, à rejoindre
les Comités de Soutien à Mouloud HAMROUCHE, qui sont des
espaces de libre expression populaire pour sortir de la crise où
les incompétences notoires et les intérêts mafieux
particuliers l’on entraîné. Et si ces comités n’existent
pas, alors créez-les.
Nous appelons également les algériennes
et les algériens à aller en masse aux urnes, car l’abstention
de vote est source de fraudes.
Osons aller vers la liberté, pour que
vive l’Algérie indépendante et démocratique.
Saâd ABSSI
Sami BOUMENDJEL
Moudjahid – Fédération de France
Militant pour les Droits de l’Homme
Militant pour les Droits de l’Homme
Fils du Chahid Ali BOUMENDJEL
Ancien Député d’El OUED
assassiné le 23 mars 1957 à la Bataille d’Alger
Ancien Président de l’Amicale
des Algériens
par les forces armées coloniales françaises et pour
qui "La révolution se fait pour et avec le peuple".